Black Iris – Leah Raeder #140

Black Iris - Leah RaederVue : Quand la part de ténèbres éclipse la lumière, impossible de retenir leur noirceur qui se déverse alors inéluctablement… Trahie, manipulée et humiliée, Laney Keating n’a qu’un seul et unique objectif : se venger de ceux qui lui ont fait du mal. La haine tel un poison mortel coule dans ses veines. Désormais venimeuse, elle le dit elle-même, « elle n’oublie jamais » et dans cette soif de vengeance, elle balaie les limites d’un revers ; sexe, alcool, drogue, manipulation, violence… Elle fera mal quitte à s’écorcher le coeur.
C’est dans une virée on ne peut plus sombre que nous entraîne Leah Raeder. Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un roman aussi noir. Celui qui corrompt, abrasif, vous menant au point de non retour. Comme j’ai adoré ce livre ! L’héroïne n’est en rien un personnage bon ou une femme meurtrie en quête de rédemption. Elle est une plante gorgée de poison avec pour seul désir la destruction. Ce roman aborde des sujets durs et violents que sont l’homosexualité, le suicide, les maladies psychologiques, les rapports entre adolescents ou encore la dépendance. Des thèmes qui prennent la force d’un cyclone vous arrachant du sol sous la plume de l’auteure. Comment ne vas être envoûté par ce style ?! Les images y sont belles et sombres, les émotions sauvages et justes, les couleurs diluées et lumineuses. Les pages sont imprégnées d’odeurs si bien décrites. Tous les sens sont mobilisés avec Black Iris. Malgré un environnement destructeur il y a aussi de la poésie et de nombreuses phrases ont imprégnées mon cerveau de leur percutante résonance. Dès les premières lignes, j’ai su que je lisais un roman addictif et qu’il me serait impossible de le lâcher sans en voir dévoré chaque mot.
Ouïe : « Don’t dream it’s over » de Crowded House
Goût : Du sang mêlé à la mûre
Odorat : L’essence et le bitume
Toucher : Une peau douce sous un voile de sueur

Éditions : Éditions Prisma
Pages : 453
Prix : 17,95 euros

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Journal de lectures #78 – Un monde sans femmes réveille la fureur des hommes

Sleeping beauties - Stephen King JDL78

Bonjour mes chères lectrices et mes chers lecteurs,

En cette période où l’on parle plus que jamais de la parole des femmes, le nouveau livre de Stephen King, paru le 7 mars dernier, arrive à point nommé. Sleeping beauties propose une réflexion intéressante sur la place des femmes et ce qu’elles apportent à la société.

Un étrange phénomène frappe les femmes à travers le monde sans que l’on en sache les raisons. Durant leur sommeil un cocon les enveloppe et on ne peut se risquer à les réveiller sans qu’elles se transforment alors en furies vengeresses. Et tandis que toutes les femmes sont bientôt touchées par cette fièvre surnommée Aurora, une seule, Evie, vivant à Dooling dans les Appalaches, semble immunisée contre ce mal. Comment pourra t-elle échapper aux hommes dans un monde devenu encore plus violent en l’absence des femmes ?

Grand amoureux des livres de Stephen King, bien sûr celui-ci me séduit aussi. J’aime cette histoire inspirée de La Belle au bois dormant nous amenant à réfléchir sur celles qu’on qualifie à tord de « sexe faible ».

Et vous, avez-vous lu ou envie de lire ce nouveau roman de Stephen King ?

L’Appel du néant – Maxime Chattam #129

L'Appel du néant - Maxime ChattamVue : Un homme retrouvé en morceaux sur les rails du RER D en banlieue parisienne, c’est une nouvelle enquête pour la SR menée par Ludivine Vancker et son équipe. Lorsqu’ils doivent collaborer avec la DGSI, Ludivine sent que quelque chose cloche. Ils ne sont pas seulement face à un monstre mais devant une menace bien plus grande… Et quand Ludivine est enlevée, il n’y a plus de temps à perdre. Le compte à rebours a commencé…
Ce nouveau thriller de Maxime Chattam semble bien trop réel. Abordant le sujet du terrorisme, on ne peut faire que le rapprochement avec ce que nous vivons actuellement. Et l’auteur a bien su ancrer son histoire dans ce climat où règne la psychose. Bien des livres de Maxime Chattam ont cette particularité, à travers la force de son écriture, de sembler réels mais il est plus facile d’avoir du recul face à une histoire qui n’entre pas, ou moins, en résonance avec la nôtre. L’Appel du néant a, de ce fait, cette dimension particulière par rapport à ses autres livres ; il nous touche tous. L’impact de l’authenticité et de la crédibilité du roman passe aussi par les nombreuses informations sur la technologie et les nouveaux procédés mis en place dans le cadre d’enquêtes criminelles. C’est une mine d’informations enrichissantes que partage Maxime Chattam, comme à son habitude. Il y a une volonté de renseigner sur l’évolution de ces techniques destinées à résoudre les plus noirs forfaits. Enfin, on ne peut aussi que garder à l’esprit lors de cette lecture, le stress et la pression qui incombent aux forces de l’ordre à qui est dédié ce livre, en plus des enseignants et des victimes des attentats.
Ouïe : The Sound of Silence de Simon & Garfunkel
Goût : Un thé au gingembre
Odorat : La poudre de fusil
Toucher : Un jouet Kinder

Éditions : Albin Michel
Pages : 516
Prix : 22,90 euros

Sharko – Franck Thilliez #118

Sharko - Franck ThilliezVue : Lucie Hennebelle, flic au 36 quai des Orfèvres, tue accidentellement un homme chez lui. Rentrée illégalement et en dehors d’une procédure légale, elle est anéantie. Son compagnon et coéquipier, Franck Sharko, prend les choses en main et n’a pas d’autres choix que de maquiller le crime et de récupérer l’enquête. Mais la victime n’est pas un simple quidam et cette mission va s’avérer bien plus noire et dangereuse qu’ils ne le pensaient. Entre la quête de vérité et l’adieu à leur intégrité, Hennebelle et Sharko vont devoir jouer serré au risque de tout perdre.
Dès la lecture du synopsis, j’ai été conquis. Il fallait impérativement que je le lise ! J’aime les aventures de Franck Sharko. Un personnage sombre dont chaque histoire m’a tenue en haleine. L’impression d’être en apnée tant que la fin n’a pas été révélée. C’est tout l’art de l’intrigue savamment maîtrisé par Franck Thilliez. Et ce dernier opus n’échappe à la règle. Les premières pages commencent très fort avec un prologue on ne peut plus fou. Je ne vous parle même pas de l’enquête ! Si angoissante ! Car il faut bien se l’avouer, si Lucie et Franck ont commis un acte grave en tuant un homme et faussant délibérément les investigations, il n’en reste pas moins des personnages attachants, humains et ayant la volonté de faire le bien. Le bien ? C’est aussi une des questions du roman. Où est la limite ? À quel moment franchit-on la ligne ? De plus, au-délà de la tension qui règne à chaque page, ce roman propose aussi une réflexion sur le capitalisme et de ses travers notamment dans la santé… Car c’est aussi une histoire de sang que nous livre Franck Thilliez. Un thème récurrent dans ses romans. Et croyez moi, Sharko ne fera pas exception… Ce livre glace le sang !
Ouïe : Une locomotive électrique
Goût : Des larmes de douleur
Odorat : Le sang menstruel
Toucher : Des sangsues

Éditions : France Loisirs / Fleuves Éditions
Pages : 571
Prix : 20,81 euros (prix club) / 21,90 euros (prix public)

En finir avec Eddy Bellegueule – Édouard Louis #97

En finir avec Eddy Bellegueule - Édouard LouisVue : Dans un petit village de Picardie, Eddy Bellegueule se débat toute son enfance pour être accepté. Quand on est « différent », comment trouver sa place lorsque la misère, le racisme, la violence sont banalisés au quotidien et que même ses propres parents ont abandonné ? Seule la fuite s’impose comme réponse.
Une vérité bouleversante. C’est ainsi que je décrirais cette autobiographie. Son auteur, Édouard Louis (de son vrai nom Eddy Bellegueule), raconte à la fois son rejet et sa volonté de faire partie d’un monde dont il est exclu parce qu’ homosexuel. Evoluant dans la misère sociale qui assène tout un village, il évoque des faits sans juger, notamment à travers le langage et le changement de registre, très présents. En cela, ce livre est davantage une analyse, un constat qu’un pamphlet ou une critique de la société. Nous nous prenons juste en pleine face ce que peut endurer une personne en dehors du moule. Ici, c’est dans un milieu défavorisé mais l’intolérance et l’exclusion ne lui sont pas réservées…
Ouïe : Des coups de poings dans les murs
Goût : Le poisson
Odorat : Le chien sale
Toucher : Une lettre d’admission

Éditions : Points
Pages : 204
Prix : 6,90 euros

Des Nœuds d’acier – Sandrine Collette #90

Processed with VSCO with p5 presetVUE : Tout juste sorti de prison pour avoir battu violemment son frère, Théo se met au vert dans un coin perdu de France où les arbres et les coins reculés sont légion. Pourtant, c’est dans cette région d’apparence calme qu’il se fait capturer par deux vieillards. Deux frères qui vont le prendre pour esclave. Loin d’être une proie facile, Théo va alors comprendre qu’il y a pire que la prison et se jurer de sortir de ce cauchemar.
C’est par hasard, en parcourant le catalogue de France Loisirs, que je suis tombé sur ce roman de Sandrine Collette. Emballé par l’intrigue, j’ai décidé de l’acheter. Une belle surprise ! Je l’ai dévoré en une journée ! Les bons ingrédients du thriller sont là : suspense, peur, rebondissements et surtout un héros ambivalent. J’avoue que les personnages gentils ou méchants me lassent un peu. Ici, Théo est loin d’être un saint. Malgré tout, on est avec lui et on veut qu’il s’en sorte. La symbolique de la prison sous toutes ses formes est omniprésente : son corps, la peur, son passé, les chaînes… à laquelle se mêle une dimension psychologique, ce qui rend l’histoire plus profonde et intéressante. Une belle trouvaille que je vous recommande.
OUÏE : Des chaînes
GOÛT : Du pain rassis
ODORAT : La forêt humide
TOUCHER : Un corps battu