La Dernière fille – Riley Sager #162

La Dernière fille - Riley SagerVue : Quincy est une « Dernière fille ». Loin d’être un titre honorifique pour elle, cela veut dire qu’elle est la seule survivante d’une tuerie. Un massacre lors d’un week-end où tous ses amis furent assassinés. Sauvée in extremis par Coop, un flic en patrouille, elle se reconstruit. Il existe deux autres « Dernière fille », Lisa et Samantha, et lorsque la première se suicide, Quincy et Samantha se retrouvent pour comprendre. Une rencontre qui va tout faire voler en éclats… pour révéler la vérité ?
Rencontrer ce roman fut le fruit du hasard. J’avais droit avec France Loisirs à un livre gratuit parmi les prix club. Le choix ne m’enchantait pas plus que ça et un vendeur me parle alors de ce livre « vous connaissez Scream, et bien c’est ce qui se passe après« . Avec ces peu de mots, il m’avait conquis ! Fan invétéré de films d’horreur et notamment de ces teenage movies comme Scream, Souviens-toi l’été dernier, Halloween 20 après… Je ne pouvais résister ! Toutefois, attention, « ce qui se passe après » ne veut pas dire qu’il s’agit de la suite de Scream mais que le sujet porte sur la reconstruction après avoir survécu à une boucherie et comment on se remet d’un choc pareil, comment vivre son statut de « Dernière fille ». C’est en ça que le roman est intéressant. Nous suivons Quincy qui semble s’être remise de son expérience traumatisante – même si elle carbure au Xanax entre deux recettes de gâteaux qu’elle poste sur son blog. Nous découvrons son histoire actuelle coupée de flashbacks sur ce qui s’est passé dans ce chalet de Pine Cottage où ses amis ont été poignardés à mort par un psychopathe sorti d’un hôpital psychiatrique. Ecrite dans une plume assez simple, l’intrigue bien menée nous invite à nous poser de nombreuses questions sur ces « Dernières filles » qui apprennent à vivre avec les médias friands de leur histoire. Garde-toi bien de penser que puisque la reconstruction de ces filles est au coeur du récit, il n’y a pas d’actions ou de scènes glaçantes, tu ferais erreur ! Les scènes du passé rythment justement bien le récit d’instants d’horreur et puis on sent très vite qu’il y a quelque chose qui cloche… mais ça, je te laisse le découvrir.
Ouïe : Un cri de souffrance mêlé de peur
Goût : Un comprimé de Xanax avec du soda au raisin
Odorat : La forêt
Toucher : La pâte à chausson aux pommes

Éditions : France Loisirs (exclusivité)
Pages : 520
Prix : 18,99 euros

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Sleeping beauties – Stephen King & Owen King #161

Sleeping beauties - Stephen King & Owen KingVue : Mais qu’arrive t-il aux femmes de Dooling, petite bourgade perdue dans les Appalaches ? Dès qu’elles s’endorment, un étrange cocon les enveloppe et il est alors impossible de les réveiller, et si une personne est bien assez folle pour s’y risquer, c’est à un être enragé qu’elle a affaire. Lorsque ce phénomène s’étend à toute la planète, les hommes s’inquiètent. Si aucune femme ne s’en réchappait ? Pourtant, une seule, Evie Black, semble immunisée contre ce mal incurable. Et si elle était leur seule chance ? Mais que peut une femme dans un monde régi par les hommes en proie à une violence innée ?
Avec Stephen King on n’est jamais dépaysé. Les nombreux ingrédients qui caractérisent l’auteur à succès sont toujours là : un huis clos au milieu de nulle part, de nombreux habitants ni tout noir, ni tout blanc et un mystère qui plane… Même s’il est co-écrit avec son fils, Sleeping beauties ne fait pas exception. Mais c’est aussi pour ça que l’on aime King. Alors je mets de côté ce déjà lu et poursuit ma lecture… Une intrigue passionnante. Forcément, le lecteur que je suis veut comprendre pourquoi ces femmes s’endorment et se retrouvent prisonnières d’une toile qu’il ne faut surtout pas leur retirer au risque de mourir dans d’atroces souffrances. Je pourrais parler des personnages, comme toujours chez le roi du frisson, très construits, avec une vraie histoire et une psychologie bien définie mais j’aurais l’impression de me répéter. Je parlerais donc de l’idée de ce roman qui tombe à point nommé dans notre société où plus que jamais l’on parle de la place des femmes, notamment depuis le mouvement MeToo. La réflexion autour de ce qu’apportent les femmes aux hommes et de ce que serait un monde bâti par elles est intéressante et met en perspective leurs différences comme leurs ressemblances. L’aspect sociétal et même sociologique de ce questionnement enrobé dans un roman d’horreur est bien fait. Car l’on peut divertir tout en faisant réfléchir ; Stephen et Owen King nous le démontrent avec brio. J’ajoute enfin que l’idée de l’inéluctable m’a séduit également. En effet, les femmes sont victimes de ce fléau uniquement si elles s’endorment. Mais comment éviter de dormir ? Tôt ou tard, la fatigue nous emporte. Cela m’a rappelé le film Freddy et les griffes de la nuit de Wes Craven dans lequel des adolescents se font tuer par un monstre dans leur sommeil.
Ouïe : Le vol de phalènes
Goût : La coke
Odorat : Un café corsé
Toucher : Une toile d’araignée

Éditions : France Loisirs/Albin Michel
Pages : 828
Prix : 24,61 euros (prix Club)/25,90 euros (prix public)

Black Iris – Leah Raeder #140

Black Iris - Leah RaederVue : Quand la part de ténèbres éclipse la lumière, impossible de retenir leur noirceur qui se déverse alors inéluctablement… Trahie, manipulée et humiliée, Laney Keating n’a qu’un seul et unique objectif : se venger de ceux qui lui ont fait du mal. La haine tel un poison mortel coule dans ses veines. Désormais venimeuse, elle le dit elle-même, « elle n’oublie jamais » et dans cette soif de vengeance, elle balaie les limites d’un revers ; sexe, alcool, drogue, manipulation, violence… Elle fera mal quitte à s’écorcher le coeur.
C’est dans une virée on ne peut plus sombre que nous entraîne Leah Raeder. Il y avait longtemps que je n’avais pas lu un roman aussi noir. Celui qui corrompt, abrasif, vous menant au point de non retour. Comme j’ai adoré ce livre ! L’héroïne n’est en rien un personnage bon ou une femme meurtrie en quête de rédemption. Elle est une plante gorgée de poison avec pour seul désir la destruction. Ce roman aborde des sujets durs et violents que sont l’homosexualité, le suicide, les maladies psychologiques, les rapports entre adolescents ou encore la dépendance. Des thèmes qui prennent la force d’un cyclone vous arrachant du sol sous la plume de l’auteure. Comment ne vas être envoûté par ce style ?! Les images y sont belles et sombres, les émotions sauvages et justes, les couleurs diluées et lumineuses. Les pages sont imprégnées d’odeurs si bien décrites. Tous les sens sont mobilisés avec Black Iris. Malgré un environnement destructeur il y a aussi de la poésie et de nombreuses phrases ont imprégnées mon cerveau de leur percutante résonance. Dès les premières lignes, j’ai su que je lisais un roman addictif et qu’il me serait impossible de le lâcher sans en voir dévoré chaque mot.
Ouïe : « Don’t dream it’s over » de Crowded House
Goût : Du sang mêlé à la mûre
Odorat : L’essence et le bitume
Toucher : Une peau douce sous un voile de sueur

Éditions : Éditions Prisma
Pages : 453
Prix : 17,95 euros

Sharko – Franck Thilliez #118

Sharko - Franck ThilliezVue : Lucie Hennebelle, flic au 36 quai des Orfèvres, tue accidentellement un homme chez lui. Rentrée illégalement et en dehors d’une procédure légale, elle est anéantie. Son compagnon et coéquipier, Franck Sharko, prend les choses en main et n’a pas d’autres choix que de maquiller le crime et de récupérer l’enquête. Mais la victime n’est pas un simple quidam et cette mission va s’avérer bien plus noire et dangereuse qu’ils ne le pensaient. Entre la quête de vérité et l’adieu à leur intégrité, Hennebelle et Sharko vont devoir jouer serré au risque de tout perdre.
Dès la lecture du synopsis, j’ai été conquis. Il fallait impérativement que je le lise ! J’aime les aventures de Franck Sharko. Un personnage sombre dont chaque histoire m’a tenue en haleine. L’impression d’être en apnée tant que la fin n’a pas été révélée. C’est tout l’art de l’intrigue savamment maîtrisé par Franck Thilliez. Et ce dernier opus n’échappe à la règle. Les premières pages commencent très fort avec un prologue on ne peut plus fou. Je ne vous parle même pas de l’enquête ! Si angoissante ! Car il faut bien se l’avouer, si Lucie et Franck ont commis un acte grave en tuant un homme et faussant délibérément les investigations, il n’en reste pas moins des personnages attachants, humains et ayant la volonté de faire le bien. Le bien ? C’est aussi une des questions du roman. Où est la limite ? À quel moment franchit-on la ligne ? De plus, au-délà de la tension qui règne à chaque page, ce roman propose aussi une réflexion sur le capitalisme et de ses travers notamment dans la santé… Car c’est aussi une histoire de sang que nous livre Franck Thilliez. Un thème récurrent dans ses romans. Et croyez moi, Sharko ne fera pas exception… Ce livre glace le sang !
Ouïe : Une locomotive électrique
Goût : Des larmes de douleur
Odorat : Le sang menstruel
Toucher : Des sangsues

Éditions : France Loisirs / Fleuves Éditions
Pages : 571
Prix : 20,81 euros (prix club) / 21,90 euros (prix public)

Salem – Stephen King #117

Salem - Stephen King - JDL#117Vue : 1970. Un écrivain, Ben Mears, revient dans sa ville natale, Jerusalem’s Lot, y trouver l’inspiration pour un nouveau roman. Pendant que sur la colline, Marsten House, inhabitée depuis la mort tragique de ses occupants il y a 25 ans, hante la ville et suscite les rumeurs les plus noires, surviennent des événements étranges. Un chien est retrouvé empalé sur la grille d’un cimetière, un enfant disparaît, un autre est retrouvé mort… et très vite l’horreur surgit comme la nuit prend le pas sur le jour. La nuit où les cauchemars prennent vie.
Avec ce roman publié en 1975, Stephen King reprend le mythe de Dracula. Petits clins d’oeil très présents dans l’histoire avec notamment les références au roman de Bram Stoker et le personnage sombre qu’est Richard Throckett Straker. J’ai toujours eu un faible pour le mythe du vampire. Cet être séduisant qui apporte la mort au fil des nuits. Il y a un côté effrayant et érotique particulièrement fort et l’écart entre les deux est intéressant. J’ai donc aimé retrouver ce thème sous la plume de Stephen King, cet auteur que j’admire tellement. Qui mieux que lui sait retranscrire des histoires fantastiques avec autant de réel ? Je voyais le vampire à ma fenêtre ! Le maître de la peur sait précisément l’éveiller en appelant nos émotions et terreurs d’enfants les plus profondes. Il l’écrit très justement lorsqu’il évoque la nuit, période où l’on est capable de croire aux pires horreurs même surnaturelles alors qu’à la lumière du jour on se persuade que l’on a rêvé et on se moque de ses peurs que l’on trouve alors ridicules. N’avez-vous jamais ressenti cela ? C’est tellement vrai, selon moi. Et l’auteur prend sciemment son temps pour raconter et tandis que beaucoup y trouveront des longueurs, moi j’y vois le génie de raconter un quotidien, des personnages, une ville avec une vérité bluffante. J’ai été affreusement conquis !
Ouïe : Un bruit de succion
Goût : Le sang
Odorat : La charogne
Toucher : Un crucifix

Éditions : Le livre de poche
Pages : 830 pages avec les suppléments (l’histoire compte 695 pages)
Prix : 8,90 euros

Mais pourquoi aimons-nous nous faire peur ?

Halloween approche, nombreux sont ceux qui vont se gaver de films d’horreur (en plus de friandises) pour tenter de ressentir le grand frisson. La peur fait partie de nos instincts primitifs, et, depuis notre plus jeune âge, nous la recherchons. N’avez-vous jamais demandé et même redemandé à ce que l’on vous raconte des histoires effrayantes ?

Avoir peur a des effets positifs si elle est recherchée et non subie. Mais pourquoi aimons-nous avoir peur, quelles sont nos motivations ? Entrez… je vais tenter de vous apporter quelques réponses…

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Journal de lectures #5 -Lire un cauchemar

purgatoire-et-vol-cigognesBonjour lectrices et lecteurs !

Cette semaine pour ce « Journal de lectures », j’ai sélectionné deux livres que je souhaite lire depuis très longtemps. Ils sont sur ma liste depuis des années et je n’ai malheureusement pas encore pris le temps de les acheter et me plonger dedans. Je ne sais pas vous, mais je note toutes les oeuvres que j’ai envie de lire et chaque fois de nouvelles idées remplacent les anciennes… et entre temps ma liste s’allonge ! :-/

Mais quelque chose me dit que je ne vais plus attendre si longtemps pour ces deux là.

  • Le Purgatoire des innocents de Karine Giebel. J’aime ce genre de thrillers où les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on pense. Deux frères se réfugient chez un vétérinaire après avoir été blessés suite à un braquage. Pas de chance, ils ne savent vraiment pas chez qui ils sont tombés ! Cela me fait penser au livre de Sandrine Collette, Les Noeuds d’acier, que j’ai lu cet été.
  • Le Vol des cigognes de Jean-Christophe Grangé. Premier roman de l’auteur du best seller Les Rivières Pourpres, on y suit l’aventure d’un jeune étudiant reprenant la mission d’un ornithologue assassiné et retrouvé dans un nid de cigognes. Tentant de comprendre pourquoi ces oiseaux ne migrent plus, cadavres d’enfants mutilés et observateurs de volatiles massacrés jonchent sa route… il va alors aller d’horreur en horreur jusqu’à l’épouvantable vérité.

Avez-vous lu l’un de ces livres ? N’hésitez pas à me conseiller. Et si vous avez d’autres livres qui vous ont effrayés, partagez les ici.

À bientôt !