The Mermaid and Mrs. Hancock – Imogen Hermes Gowar #154

The Mermaid and Mrs Hancock - Imogen Hermes GowarVue : Londres, 1785, le Capitaine Jones frappe en pleine nuit à la porte du propriétaire du bateau qu’il dirige, Jonah Hancock. Celui-ci lui apprend qu’il a vendu le navire pour acquérir… une sirène. La chose, ressemble à un enfant avec des dents et des griffes effrayantes et dont le corps se termine en effet en queue de poisson. Grâce à cette acquisition, Mr. Hancock devient riche mais l’argent ne fait pas tout et, dans sa solitude, il souhaite conquérir le coeur de la plus belles des courtisanes de la ville, Angelica Neals.
Je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce roman. C’est un cadeau que l’on m’a offert et après avoir lu le résumé, quelque peu mystérieux, je n’avais pas d’idée sur l’intrigue. Comme cela parlait de sirène, j’étais de toute façon conquis d’avance 😉 Mais autant être sincère, la sirène n’est pas le centre du roman. L’histoire tourne autour d’elle sans qu’elle soit le personnage principal. Et j’avoue que j’ai trouvé ça intelligent. Cette créature légendaire cristallise l’ambition, la solitude, les peurs et l’envie des protagonistes que nous croisons dans ce roman. Car il s’agit avant tout dans The Mermaid and Mrs. Hancock de plonger dans la vie d’hommes et de femmes qui désirent beaucoup, voire trop. L’argent, la renommée ou l’amour comme besoins vitaux. L’obsession est aussi largement contée dans ce roman non sans oublier son pouvoir destructeur. Ce fut délicieux pour moi de découvrir le Londres du XVIIIème siècle et de retrouver le monde des courtisanes qui me fascine. Même si l’anglais n’est pas ma langue maternelle, j’ai beaucoup apprécié lire ce livre en VO. La plume d’Imogen Hermes Gowar est séduisante et résonne comme un chant de sirène, on se laisse bercer, appeler… et avec plaisir !
Ouïe : La voix du chagrin
Goût : Un ananas
Odorat : La pierre humide
Toucher : Une sirène

Éditions : Harvill Secker
Pages : 486
Prix : 12,99£ soit environ 15€

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La Fortune de Sila – Fabrice Humbert #149

La Fortune de Sila - Fabrice HumbertVue : Dans un restaurant parisien, en 1995, un jeune serveur, Sila, est violemment frappé par un client. Aucun témoin de la scène ne réagit. Ni la femme de l’homme en colère, pas même ce grand Russe et sa femme ou ces deux jeunes traders célébrant une bonne nouvelle. Pourtant, cet acte va marquer leur vie et l’on va suivre ces destins croisés dans un monde régi par l’argent.
Les histoires où l’on observe des personnages différents interagir ensemble, alors que rien ne semble les réunir au départ, me séduisent souvent sur le papier. La curiosité, l’envie de savoir ce qui va se produire pour que cette rencontre ait lieu y est pour beaucoup. Cela me rappelle les films qui font du bien comme Happy New Year, Valentine’s Day ou encore Love Actually. Ici, rien à voir. Ce n’est pas un livre éveillant le bonheur chez le lecteur. Il est plutôt du genre à nous mettre devant la dureté et l’injustice de notre société capitaliste. Car le personnage principal de ce roman n’est pas Sila, comme on pourrait le penser, mais l’argent. Il est omniprésent. Fabrice Humbert cristallise la pauvreté, l’ascension sociale, l’humain avec Sila pour mieux en souligner l’exact opposé au travers des autres protagonistes tous riches et préoccupés par l’ambition, le pouvoir, la reconnaissance et toutes ces choses qui, selon les codes de notre civilisation, font le succès d’une vie. Il y a un tel cynisme dans ces pages notamment incarnés par Matt et Zadie ! J’ai découvert ce roman via La Kube que l’on m’a offerte pour mon anniversaire et ce fut une sélection intéressante ; ce livre est un miroir assez glaçant de ces trois dernières décennies. C’est étrange car La Fortune de Sila est un bon livre mais je n’ai pas ressenti un grand plaisir à sa lecture et cela vient simplement du fait que ce n’était pas le bon moment. Ce n’était pas l’histoire qu’il me fallait lorsque je l’ai commencé. Toutefois, il ne faut pas que cela vous arrête, ce livre mérite vraiment d’être lu.
Ouïe : Un effondrement
Goût : Un couscous
Odorat : Le pétrole
Toucher : Des milliards de dollars

Éditions : Le Livre de Poche
Pages : 355
Prix : 7,10 euros