La Couronne (La Sélection – Livre V) – Kiera Cass #160

La Couronne (La Sélection, tome V) - Kiera CassVue : Tandis que sa mère, la Reine, est entre la vie et la mort, Eadlyn doit accélérer la Sélection. Peu aimée du peuple, un mari l’aidera à regagner la faveur du royaume. Mais entre la prise de pouvoir temporaire et le choix entre ses six prétendants, la jeune femme a encore beaucoup à apprendre pour permettre un jour à Illéa de trouver la paix.
La Couronne est le dernier tome de la saga. Je suis heureux d’être arrivé à la fin car je dois dire que La Sélection n’a pas été une série littéraire captivante. J’étais curieux de savoir la fin et les livres se lisant très rapidement, ça n’a pas demandé beaucoup de temps, heureusement ! Il est vrai que le synopsis de départ est tentant, comme je l’ai précisé dans ma sensation de lecture du premier tome, mais, selon moi, les trois premiers étaient suffisants. Les deux derniers sont superflus. Il y a comme une redondance. Un déjà vu qui est inhérent au retour de la Sélection, car on recommence le jeu, le peuple est à nouveau mécontent, des complots se trament… Bref, le désagréable sentiment que la maison d’édition voulait profiter du succès de son auteure. Je n’ai, par conséquent, pas plus que ça l’envie de m’étendre sur ce dernier opus. En revanche, je souhaiterais terminer cette sensation de lecture en précisant à celles et ceux qui n’ont jamais lu de Kiera Cass, ne commencez pas par La Sélection, lisez plutôt La Sirène, bien meilleur et tellement mieux écrit.
Ouïe : Des acclamations
Goût : Du chocolat et du Champagne
Odorat : Des beignets
Toucher : Une chevalière

Éditions : Robert Laffont – Collection R
Pages : 335
Prix : 16,90 euros

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Annabel – Kathleen Winter #159

Annabel - Kathleen WinterVue : Dans un bourg côtier du Labrador, au Canada, en 1968, naît un enfant hermaphrodite. Trois seulement partagent ce secret, les parents et une voisine. Le père choisit, il se fera opérer et ce sera un garçon, Wayne. Le jeune garçon grandit mais dans l’ombre reste Annabel, son autre « moi » caché, une partie de lui difficile à refouler.
Après avoir lu quelques livres sur la transidentité, je trouvais intéressant de vivre l’histoire d’un hermaphrodite, qui a donc par définition les deux sexes ; et parce que dans notre société, nous ne pouvons être les deux, qu’il faut choisir entre l’une et l’autre étiquette, on choisit arbitrairement sans prendre en compte le principal concerné. Le roman de Kathleen Winter parle, par conséquent, de quête d’identité et de différence. L’enfermement d’un être dans son propre corps devenant alors prison sans en connaître les raisons est difficile. Wayne ignore au début qui il est réellement puisque ses parents gardent le secret. Un secret plus lourd à porter, au fur et à mesure que l’enfant devient adolescent, pour un père qui rêve d’un « vrai homme » et d’une mère dont la perte définitive de sa fille la consume. Ce roman mêle également les rapports humains, toujours compliqués dans une situation comme celle-ci, à la nature. Les éléments et l’environnement sont omniprésents comme pour sublimer la véritable nature de Wayne qui n’est pas différent comme le laisse penser notre façon de voir le monde que nous imposons. Les étiquettes rassurent mais sont-elles indispensables ? De par son atmosphère et le trait des personnages, Annabel m’a rappelé La Fille de l’hiver de Eowyn Ivey, dans un tout autre registre bien sûr.
Ouïe : Des lys maladifs
Goût : Des galettes de viande frites dans le saindoux
Odorat : Le bois flotté et le lichen en décomposition
Toucher : Un maillot de bain orange

Éditions : 10/18
Pages : 471
Prix : 8,80 euros

Faut-il avoir honte de lire des « romans de gare » ?

NON !

Parce que je n’aime pas tourner autour du pot, au moins c’est dit. Je ne peux pas être plus clair. Puis, ce terme péjoratif « roman de gare », je ne l’apprécie pas du tout. Pour commencer, que veut dire « roman de gare » ? Parce qu’un livre qu’on peut lire en attendant le train, le bus, le métro ou même à bord de ces transports n’est pas un bon bouquin ? Est-il moins intéressant qu’un ouvrage que je lis dans un avion ou dans mon lit ? Un peu de sérieux s’il-vous-plaît !

Livre automne

Ce qui me gêne, c’est la volonté d’une minorité de personnes de pointer du doigts des livres populaires, des livres qui ont du succès et de les dénigrer sous prétexte qu’ils ne sont pas assez « littéraires ». Tu comprends « ce n’est pas de la littérature ! » Ce que je comprends moi, c’est qu’en plus de rabaisser le public au passage, on égratigne les envies de se mettre à la lecture. Il faut bien avouer qu’on a plus de chance de séduire et d’éveiller l’intérêt de la lecture chez de jeunes ados en leur permettant de découvrir le dernier Stephen King, Gilles Legardinier ou encore Kiera Cass. Pour Voltaire ou Homère c’est moins évident. Mais c’est peut-être aussi grâce à ces livres parfois peu considérés que des auteurs ayant leurs lettres de noblesse pourront être appréciés ensuite. Personnellement, la lecture de L’Iliade à 14 ans fut pour moi une torture et pourtant six ans plus tard, j’ai beaucoup aimé voyager avec L’Odyssée. Parce que j’avais lu de nombreux livres plus accessibles entre temps et que cela m’a permis d’appréhender d’autres lectures, moins évidentes de prime abord. On aiguise ainsi son œil de lecteur.

Je suis aussi gêné par les conséquences découlant de cette appellation sur les adultes qui ont honte d’évoquer leurs lectures. Musso, Lévy, Ledig, Pancol, Meyer… « Non, je n’aime pas trop, par contre tu as lu le dernier Lemaître ? ». C’est d’une tristesse ! Pourquoi se sentir mal à l’aise de lire ? Car il s’agit bien de lecture ! Depuis quand juge t-on des lecteurs sur l’objet de leur lecture ? Je pense que l’on devrait au contraire les inciter à continuer, à s’intéresser. Personnellement, j’ai adoré Et si c’étai vrai de Marc Lévy que j’ai dévoré en une nuit, et je ne me sens pas plus intelligent ou fier d’ouvrir un Zola qu’un Martin-Lugand.

Bien sûr qu’il y a des livres et auteurs que je n’aime pas, bien sûr qu’il y a selon moi des plumes bien meilleures que d’autres, mais cela reste subjectif et il me semble mal venu voire pédant que de prétendre que la lecture de l’autre n’est pas digne et encore moins honteuse. Chaque livre est une balise sur le chemin du lecteur en continuel apprentissage.

Livre pages coeur

Alors je te propose une chose, n’aie jamais honte de ce que tu lis et ne juge pas la lecture d’autrui. Chaque lecture est utile tant que l’on garde le recul nécessaire sur son contenu.

Et on devrait célébrer les « romans de gare » et leur succès, cela fait toujours des personnes en moins les yeux rivés sur leur smartphone dans les transports !

Je suis d’avis d’encourager les lecteurs et affirmer haut et fort que nous sommes fiers de ce que nous lisons avec #JaimeMonRomanDeGare. Partage la photo du prochain livre populaire que tu liras et tague-moi pour que j’ai la chance de découvrir ta lecture du moment.

Bonne lecture !

Les Royaumes du Nord (tome 1 de À la Croisée des mondes) – Philip Pullman #158

Les Royaumes du Nord - Philip PullmanVue : A Jordan College, Lyra, jeune adolescente, vit des jours heureux avec ses amis et son Daemon, Pantalaimon. Elle ignore encore tout du destin qui l’attend… Mais tandis que d’étranges informations sur la Poussière circulent, des enfants disparaissent dans des circonstances troublantes. Des Enfourneurs les kidnapperaient… Lorsque son ami Roger s’évapore à son tour, Lyra est bien décidée à comprendre ce qui se passe et commence alors une grande aventure…
Le premier tome de cette épopée fantastique pose bien les bases d’une saga assez fascinante je dois dire. Le monde qu’a créé Philip Pullman est particulièrement intéressant. Ici, chaque être humain est lié à un Daemon (à prononcer « démon »), un animal capable de parler. Une sorte d’âme soeur car ils sont dépendants l’un de l’autre. Si l’un meure, l’autre aussi. J’aime cette idée qui est particulièrement touchante dans le roman.  La relation de Lyra et Pantalaimon est belle ; elle participe à mon plaisir de suivre cette histoire. On y perçoit d’ores et déjà les principaux thèmes comme le passage à l’âge adulte, la mort et la spiritualité. La religion, très présente, soulève des questions. Côté protagonistes, nous en rencontrons beaucoup et tous plus différents les uns que les autres : des gitans braves, un ours blanc déchu ou encore des sorcières pleines de sagesse. Mais les plus présents sont les enfants, le coeur de cette aventure spirituelle mais aussi humaine. Du personnage principal qu’est Lyra, j’aime l’intrépidité et le courage. Elle fait les quatre cents coups ! Parfois, j’ai retrouvé des sensations que j’éprouvais en lisant la saga Autre-Monde de Maxime Chattam. Peut-être La Croisée des mondes a t-elle été une source d’inspiration pour ce dernier ? Je suis d’ores et déjà entrain de lire la suite.
Ouïe : Des cris de chagrin et de désespoir d’un Daemon
Goût : Le chocolat chaud
Odorat : Le métal chaud
Toucher : La fourrure d’un ours blanc

Éditions : Gallimard
Pages : 356
Prix : 29,90 euros (l’intégrale comportant les trois livres)

La Curée – Emile Zola #157

16003074_1437484246295950_1821975041633599211_nVue : Suite à un mariage arrangé, Renée se retrouve projetée dans une vie ennuyeuse où règne l’opulence. De fêtes en parades, elle devient l’objet de Saccard, son mari, cupide et comploteur, à la recherche de la moindre spéculation pour amasser toujours plus d’argent. La seule distraction de Renée est Maxime, le fils du premier mariage de Saccard, dont elle se rapproche inexorablement au point de céder aux tentations les plus extrêmes.
Second volet de la saga des Rougont-Macquart, La Curée aborde la dépravation et la vie débauchée du Second Empire. Au travers de l’histoire de Renée et de Saccard, c’est l’Histoire de Paris que Zola nous peint. Les excès de l’argent comme de la chair viennent pourrir une société qui se perd. L’auteur s’est beaucoup inspiré des maux de l’époque, spéculation immobilière et crise bancaire, qui ont mené à la Grande Dépression de la fin du XIXème siècle. C’est ce que j’aime chez Zola, cette façon précise de romancer notre Histoire à partir d’éléments bien réels, apportant cette sensation d’être le témoin de véritables scènes historiques. Puis, le personnage de Renée m’a rappelé Emma Bovary, héroïne de Flaubert dont j’ai adoré le roman.
Ouïe : L’animation des passants sur les boulevards
Goût : Le poison du Tanghin de Madagascar
Odorat : Le parfum de deux corps dans une chaleur moite
Toucher : Des pièces de 20 francs