Journal de lectures #31 – Érotisme, amour et soumission dans les années 1950

Histoire d'O - Journal de lectures #31

Bonjour lectrices, bonjour lecteurs,

je sais, désormais, de nombreux ouvrages dit « romans érotiques » abondent dans les librairies depuis Cinquante nuances de Grey, au point que des nouveaux rayonnages ont été crées comme « Jeunes adultes », pour ne citer que celui-ci. Mon souhait, au travers de ce nouveau journal de lectures, n’est pas de vous parler d’un nouveau roman dans ce domaine mais plutôt de vous parler d’un ancien, et, qui a marqué son époque. Car les romans érotiques ne datent pas d’il y a 6 ans !

En 1954, paraissait Histoire d’O de Pauliné Réage (Dominique Aury, son vrai prénom). D’abord d’une renommée discrète, ce roman rencontrera son public un an plus tard après avoir obtenu le prix littéraire des Deux magots. L’intrigue est relativement simple, une femme se soumet à son amant qui l’enferme dans un château pour qu’elle réponde à ses moindres désirs. Ce dernier va même jusqu’à la partager avec un autre. Fouet, fer rouge, sexe percé d’un anneau, tout est utilisé pour montrer la domination de l’homme sur la femme.

J’aimerais lire ce roman qui est un des premiers du genre et suis curieux de découvrir quelle position y tient la femme. Est-ce une soumission par amour véritable ou une capitulation et l’apologie de la femme objet ?

Ce livre, qui est sur ma liste de lecture depuis bien longtemps, m’est revenu à l’esprit en lisant Soumission de Michel Houellebecq la semaine dernière. Il est question de cet ouvrage à la fin…

Et vous, avez-vous envie de le lire ou l’avez-vous déjà lu ?

Soumission – Michel Houellebecq #91

Soumission - Michel Houellebecq #91Vue : 2022, après les désastres de notre système politique qui ont fragilisé le pays, un nouveau parti, la Fédération Musulmane, remporte l’élection présidentielle. Témoin, de ces changements s’opérant avec une étrange douceur, François, professeur à l’université, qui se sentait à l’abri de drames historiques, conte cette révolution qui n’en est pas une…
À quelques jours seulement des élections présidentielles, ce roman d’anticipation est d’autant plus intéressant et quelque peu effrayant aussi. Le roman de Michel Houellebecq se situant précisément dans cinq ans, on ne peut qu’être totalement plongé et concerné par cette histoire. Une histoire qui interroge tout en restant bienveillante et respectueuse envers les religions. C’est ce que j’ai apprécié, car même si elle pose la question de la relation religion/politique, le roman n’est jamais, selon moi, hostile. Je pense avoir eu la chance de lire Soumission au bon moment ! Cela a rendu ma lecture que plus intense. J’avais gardé un excellent souvenir du premier roman de Houellebecq que j’ai lu, La Possibilité d’une île, et, ce roman me confirme le talent de l’auteur, tant dans l’écriture que la créativité.
Ouïe : Des psaumes
Goût : Un verre de Rully
Odorat : Le fromage
Toucher : À rebours de Huysmans

Journal de lectures #30 – Manuel de vie créatrice et guide spirituel par Rilke

Lettres-a-un-jeune-poete

Bonjour lectrices, bonjour lecteurs,

Alors que je m’apprête à publier mon quatrième recueil de poèmes, quel meilleur ouvrage que Lettres à un jeune poète pour ce trentième journal de lectures ?!

Ce livre, écrit par Rainer Maria Rilke, est particulier. Il s’agit de dix lettres adressées par le poète à un jeune homme qui l’a sollicité. Cet inconnu hésite entre une carrière militaire et la poésie, plus risquée. Rilke, au travers de cette correspondance, va livrer une véritable réflexion sur être poète et sur la création artistique. On y comprend, entre autre, qu’elle passe par l’exploration de son intimité profonde et l’acception de soi.

Une oeuvre du début du XXème siècle s’imposant comme un guide universel ; ce qui explique notamment son succès.

Ce livre est dans ma liste des livres à lire depuis un moment et je sens que très prochainement, il va trouver sa place dans ma bibliothèque.

Et vous, avez-vous lu ou envie de lire Lettres à un jeune poète ?

Les mots, un besoin vital. Les mots, ma vie

Le besoin des mots

J’en ai conscience, cela peut sembler exagéré ou dramatique mais loin de moi l’idée d’en faire trop. Les mots sont ma vie. Les mots sont un besoin essentiel.

L’écriture a, depuis toujours, fait partie de ma vie. Je ne saurais vous dire quand cela a commencé, j’ai l’impression, en tout cas, qu’elle m’accompagne quotidiennement et ce dès mon plus jeune âge. Des mots, des phrases et surtout des poèmes. Car c’est en vers que j’aime le mieux m’exprimer. Pourquoi ? Difficile à dire. C’est avant tout naturel. La poésie est un langage instinctif en ce qui me concerne. Il m’arrive d’écrire des nouvelles, des séries (que je publie l’été sur mon blog) mais c’est anecdotique. Je crois que c’est avant tout l’amour de la musique et des sons qui m’inspire l’écriture de poèmes. Quelle joie de jouer avec les assonances, allitérations, créer une musique et véhiculer ainsi des émotions mais aussi des images.

Les mots comme oxygène. Tout simplement. Si je n’avais pas ces compagnons d’encre, j’aurais, je pense, perdu l’esprit. Compagnons d’encre puisque j’aime rédiger sur des carnets, sentir le crayon glisser et accrocher sur le papier. Chacun de mes poèmes, et parfois quelques nouvelles, ont été rédigés à la main. La page blanche est un espace à conquérir. Propice à l’imagination, elle appelle à toute une création de mondes.

Nombreux sont les témoignages de personnes que l’écriture à sauver. Ils aident c’est certain. Et aucun besoin d’avoir un style ou de talent particulier. Il faut juste se laisser aller. Ecrire pour soi avant tout, et, parce qu’il n’y a pas que l’aspect cathartique, cela doit être et surtout rester un plaisir.

 

Journal de lectures #29 – Amitié, sida et mort pour un roman émouvant

À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie - JDL#29

Bonjour lectrices, bonjour lecteurs,

Désolé de casser l’ambiance en ce vendredi. J’avais envie de vous parler d’un roman qui est sur ma liste de lecture depuis… 2003. Recommandé par un ami, je n’ai jamais pris le temps de le lire alors qu’il va sans dire que ce livre semble être très bon. Et quand on sait que cet ami en question est de très bons conseils en termes de lecture, j’ai d’autant plus honte !

Il s’agit de À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie. Le narrateur est atteint du sida et raconte son quotidien entre l’espoir de guérir et la déception engendrés par un ami qui lui promet un remède miracle provenant des États-Unis. Un récit qui semble poignant surtout lorsque l’on sait que son auteur, Hervé Guibert, était lui-même atteint du sida est s’est suicidé en 1992 à l’âge de 36 ans.

Au delà de mon attrait pour cette histoire et les qualités littéraires dont on m’a parlées, c’est aussi le thème du sida qui est, pour moi, important. On en n’entend beaucoup moins parlé et de nombreuses personnes pensent, à tort, que c’est moins grave qu’avant. Certes, l’espérance de vie des personnes séropositives s’est considérablement rallongée grâce aux traitements, notamment la trithérapie, mais n’oublions pas que le sida tue encore 1,1 million de personnes chaque année dans le monde et qu’on estime à 30 000, en France, les personnes séropositives et qui l’ignorent. Alors prenez soin de vous et de votre entourage.

Et vous, avez-vous lu À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie ?

Des Nœuds d’acier – Sandrine Collette #90

Processed with VSCO with p5 presetVUE : Tout juste sorti de prison pour avoir battu violemment son frère, Théo se met au vert dans un coin perdu de France où les arbres et les coins reculés sont légion. Pourtant, c’est dans cette région d’apparence calme qu’il se fait capturer par deux vieillards. Deux frères qui vont le prendre pour esclave. Loin d’être une proie facile, Théo va alors comprendre qu’il y a pire que la prison et se jurer de sortir de ce cauchemar.
C’est par hasard, en parcourant le catalogue de France Loisirs, que je suis tombé sur ce roman de Sandrine Collette. Emballé par l’intrigue, j’ai décidé de l’acheter. Une belle surprise ! Je l’ai dévoré en une journée ! Les bons ingrédients du thriller sont là : suspense, peur, rebondissements et surtout un héros ambivalent. J’avoue que les personnages gentils ou méchants me lassent un peu. Ici, Théo est loin d’être un saint. Malgré tout, on est avec lui et on veut qu’il s’en sorte. La symbolique de la prison sous toutes ses formes est omniprésente : son corps, la peur, son passé, les chaînes… à laquelle se mêle une dimension psychologique, ce qui rend l’histoire plus profonde et intéressante. Une belle trouvaille que je vous recommande.
OUÏE : Des chaînes
GOÛT : Du pain rassis
ODORAT : La forêt humide
TOUCHER : Un corps battu