Ambre – Maxime Chattam #167

Ambre - Maxime ChattamVue : Ambre Caldero vit dans un mobile-home à Carson Mills, une ville paumée des États-Unis. Un quotidien morose rythmé par les absences de sa mère et les crises de son beau-père alcoolique accro au bowling. Heureusement, Ambre a l’amour des livres, ils la font voyager, l’émerveillent et la libèrent de sa solitude. Pourtant, elle n’est pas sans faire attention aux autres et lorsqu’elle comprend que suite aux disparitions frappant leur ville, quelque chose d’étrange se passe, elle décide de mener son enquête. Mais tout cela est-il bien réel ou est-ce le fruit de son imagination ?
Dès que j’ai vu ce livre, je l’ai acheté ! Non seulement, il s’agit d’un roman en lien avec la saga fantastique Autre-Monde que j’ai beaucoup aimée et, pour ne rien gâcher, une partie des recettes est reversée à L’Unicef pour aider les enfants. Dans ce livre, on suit la vie d’Ambre avant que tout bascule… Si tu as lu la saga Autre-Monde, tu sais de quoi je parle. Cette jeune fille est un de mes personnages préférés de la littérature. Brillante, belle et surtout d’une grande générosité, Ambre n’a pas la vie facile ; sa condition m’a fait de la peine. Je comprenais tellement son besoin d’évasion dans les livres ! Malgré tout, j’ai été très heureux de la retrouver. En faisant abstraction aux redondances du récit, j’ai beaucoup apprécié la mince frontière entre le fantastique et le réel. On se demande chaque fois si tout cela est bien vrai. Car jusqu’au bout on se pose la question. N’est-ce pas une métaphore des dangers réels qui guettent Ambre ? Notamment son beau-père… Quel personnage exécrable ! À noter le petit clin d’oeil au roman Que ta volonté soit faite dont l’intrigue se passe également à Carson Mills. Décidément, il ne fait pas bon vivre dans cette ville !
Ouïe : Un râlement guttural
Goût : Des barres chocolatées et des bonbons arrosés de soda
Odorat : L’Ozone
Toucher : Une plume d’aile

Éditions : Le Livre de Poche
Pages : 175
Prix : 5 euros

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Attentat – Amélie Nothomb #166

Attentat - Amélie NothombVue : Épiphane est surnommé Quasimodo. Effroyablement laid et l’esprit vif, il vit dans sa solitude jusqu’au jour où il rencontre Ethel dont il tombe éperdument amoureux. D’une beauté sublime, Ethel devient sa meilleure amie et ensemble participent à faire éclater au grand jour la laideur comme amplificateur du beau.
Ce roman d’Amélie Nothomb pose la question de ce qu’est la beauté et, son pendant, la laideur. Dans une société où l’on nous assomme de normes, de critères et de stéréotypes sur la beauté, c’est une question philosophique qui demeure d’actualité alors que le livre a été publié en 1997. Elle est d’autant plus intéressante dans notre société actuelle avec l’abondance des réseaux sociaux. Attentat, comme souvent dans les livres d’Amélie Nothomb, est riche en références et montre cette culture si variée que j’admire chez l’auteure. On y retrouve bien sûr Notre Dame de Paris de Victor Hugo, La Chartreuse de Parme de Stendhal pour le monde littéraire mais également des références de la sphère musicale comme Mylène Farmer, dont la scène de mutilation avec des cornes de taureau n’est pas sans faire penser au clip de Sans logique
Ouïe : Les pas dans la neige
Goût : Du sublime
Odorat : L’aspirine
Toucher : L’acné

Éditions : Le Livre de poche
Pages : 153
Prix : 5,30 euros

The Surface breaks – Louise O’Neill #165

The Surface breaks - Louise O'NeillVue : Au fond de l’océan vit Gaïa, une jeune sirène de 15 ans qui rêve de visiter le monde des humains. Mais son père, un triton impitoyable dont la haine des hommes est irréversible depuis qu’ils ont assassiné sa femme, n’est pas prêt à lui accorder cette liberté. Bien décidée à en savoir plus sur la mort de sa mère dont l’absence la hante, Gaïa va en plus tomber amoureuse d’un homme…
The Surface breaks est une réécriture du célèbre conte de La Petite Sirène de Hans Christian Handersen. Et quelle réécriture ! Même si l’on retrouve de nombreuses références à la version originale et aussi à l’adaptation de Disney (les cheveux roux de Gaïa), Louise O’Neill en fait une histoire féministe et contemporaine. Nous n’avons pas d’indication en termes de temporalité, mais cela pourrait se passer de nos jours. Pour le côté féministe, le monde sous la mer est loin d’être un havre de paix ! Dans les profondeurs règnent la dominance masculine, l’uniformité et l’ennui. Les sirènes n’existent que pour être jolies et divertir de leurs chants. Gaïa incarne la rébellion, celle qui pose des questions, qui a besoin de comprendre. Une réécriture sans conteste intéressante et s’inscrivant tellement dans notre société actuelle. Un hymne à la femme qui mériterait d’être chanté par une sirène ! Enfin, je ne veux pas trop en dire, toutefois, je souhaite préciser que j’ai beaucoup aimé être surpris par les personnages et je dois dire que j’ai eu un coup de coeur pour le personnage de la sorcière. N’attends pas et plonge dans The Surface breaks !
Ouïe : Une tempête
Goût : Un coeur humain
Odorat : Le sel, le sable et le musc
Toucher : Des perles

Éditions : Scholastic
Pages : 309
Prix : 12,99 £/14,50 €

the sun and her flowers – Rupi Kaur #164

the sun and her flowers - Rupi KaurVue : Au travers de ce nouveau recueil de poèmes, Rupi Kaur nous dévoile la recette de la vie à travers cinq parties : wilting (faner), falling (tomber), rooting (prendre racine), rising (s’élever) et blooming (fleurir).
Deuxième recueil de l’auteure, the sun and her flowers rappelle milk and honey. Il s’agit de poèmes regroupés en plusieurs parties et illustrés de dessins réalisés également par Rupi Kaur. On y retrouve les thèmes forts abordés dans le premier livre à savoir l’amour destructeur, le chagrin, l’estime de soi, la renaissance mais aussi la femme. Une fois encore la féminité est centrale dans ce recueil et quoi de plus jolie que la métaphore de la fleur pour la représenter ? La liberté ne demande qu’à s’exprimer au travers du corps et des mots car de par ses origines indiennes, Rupi Kaur a pu voir son amour-propre ainsi que sa féminité bridés voire refoulés. Je suis heureux de constater que la poésie a encore une place et qu’elle est appréciée par des millions de personnes à travers le monde. Rupi Kaur a en effet vendu plus d’1,5 million de son premier livre et comptabilise aujourd’hui 2,9 millions de followers sur Instagram.
Ouïe : Une porte qui claque
Goût : Du lait rance
Odorat : La pourriture
Toucher : Une maison

Editions : Simon & Schuster
Pages : 248
Prix : 12,99£/14,50€

La Tour des anges (tome 2 de À La Croisée des mondes) – Philip Pullman #163

Les Royaumes du Nord - Philip PullmanVue : Partie à la recherche de la Poussière, Lyra arrive à Cittàgazze, un nouveau monde où les adultes ont disparu. Elle y fait la rencontre de Will, un jeune garçon du monde dans lequel nous vivons, qui est recherché et s’est réfugié dans cette étrange ville. Ils ne le savent pas encore mais leurs chemins sont mêlés et chacun est porteur d’une mission pour accomplir un destin bien plus grand.
Ce deuxième volet de la saga est plus sombre que le précédent. Les adultes, quand ils ne sont pas persécutés par les Spectres, sont assoiffés de pouvoir tandis que les enfants livrés à eux-mêmes, tentent tant bien que mal de survivre. J’avoue que c’est ce qui me plaît le plus dans cette trilogie, l’ambivalence entre le monde des adultes et des enfants. Cela met en perspective le passage entre les deux âges. Heureusement, on y croise des adultes de confiance comme les sorcières et Lee Scoresby dont on apprécie la compagnie. Et puis il y a aussi l’amitié présente chez les enfants qui rejoint également l’idée de moitié que l’on retrouve à travers les Daemons, animaux liés aux humains du monde de Lyra. Le parallèle avec notre propre monde est intéressant car il suggère un animal intérieur en ce qui nous concerne. Une conception spirituelle qui laisse à chacun son interprétation. L’oeuvre de Philip Pullman est dense et il y aurait beaucoup à dire. C’est une belle lecture pour des enfants et les adolescents qui se construisent, et pour les adultes, afin de ne pas oublier l’enfant en soi, et vous savez que j’aime ces livres qui s’adressent justement à tous avec ce message universel.
Ouïe : L’air dans des aiguilles de sapin
Goût : Un hamburger et du Coca-Cola
Odorat : Une forêt qui brûle
Toucher : Un écritoire en cuir vert

Éditions : Gallimard
Pages : 289
Prix : 29,90 euros (l’intégrale comportant les trois livres)

La Dernière fille – Riley Sager #162

La Dernière fille - Riley SagerVue : Quincy est une « Dernière fille ». Loin d’être un titre honorifique pour elle, cela veut dire qu’elle est la seule survivante d’une tuerie. Un massacre lors d’un week-end où tous ses amis furent assassinés. Sauvée in extremis par Coop, un flic en patrouille, elle se reconstruit. Il existe deux autres « Dernière fille », Lisa et Samantha, et lorsque la première se suicide, Quincy et Samantha se retrouvent pour comprendre. Une rencontre qui va tout faire voler en éclats… pour révéler la vérité ?
Rencontrer ce roman fut le fruit du hasard. J’avais droit avec France Loisirs à un livre gratuit parmi les prix club. Le choix ne m’enchantait pas plus que ça et un vendeur me parle alors de ce livre « vous connaissez Scream, et bien c’est ce qui se passe après« . Avec ces peu de mots, il m’avait conquis ! Fan invétéré de films d’horreur et notamment de ces teenage movies comme Scream, Souviens-toi l’été dernier, Halloween 20 après… Je ne pouvais résister ! Toutefois, attention, « ce qui se passe après » ne veut pas dire qu’il s’agit de la suite de Scream mais que le sujet porte sur la reconstruction après avoir survécu à une boucherie et comment on se remet d’un choc pareil, comment vivre son statut de « Dernière fille ». C’est en ça que le roman est intéressant. Nous suivons Quincy qui semble s’être remise de son expérience traumatisante – même si elle carbure au Xanax entre deux recettes de gâteaux qu’elle poste sur son blog. Nous découvrons son histoire actuelle coupée de flashbacks sur ce qui s’est passé dans ce chalet de Pine Cottage où ses amis ont été poignardés à mort par un psychopathe sorti d’un hôpital psychiatrique. Ecrite dans une plume assez simple, l’intrigue bien menée nous invite à nous poser de nombreuses questions sur ces « Dernières filles » qui apprennent à vivre avec les médias friands de leur histoire. Garde-toi bien de penser que puisque la reconstruction de ces filles est au coeur du récit, il n’y a pas d’actions ou de scènes glaçantes, tu ferais erreur ! Les scènes du passé rythment justement bien le récit d’instants d’horreur et puis on sent très vite qu’il y a quelque chose qui cloche… mais ça, je te laisse le découvrir.
Ouïe : Un cri de souffrance mêlé de peur
Goût : Un comprimé de Xanax avec du soda au raisin
Odorat : La forêt
Toucher : La pâte à chausson aux pommes

Éditions : France Loisirs (exclusivité)
Pages : 520
Prix : 18,99 euros

Sleeping beauties – Stephen King & Owen King #161

Sleeping beauties - Stephen King & Owen KingVue : Mais qu’arrive t-il aux femmes de Dooling, petite bourgade perdue dans les Appalaches ? Dès qu’elles s’endorment, un étrange cocon les enveloppe et il est alors impossible de les réveiller, et si une personne est bien assez folle pour s’y risquer, c’est à un être enragé qu’elle a affaire. Lorsque ce phénomène s’étend à toute la planète, les hommes s’inquiètent. Si aucune femme ne s’en réchappait ? Pourtant, une seule, Evie Black, semble immunisée contre ce mal incurable. Et si elle était leur seule chance ? Mais que peut une femme dans un monde régi par les hommes en proie à une violence innée ?
Avec Stephen King on n’est jamais dépaysé. Les nombreux ingrédients qui caractérisent l’auteur à succès sont toujours là : un huis clos au milieu de nulle part, de nombreux habitants ni tout noir, ni tout blanc et un mystère qui plane… Même s’il est co-écrit avec son fils, Sleeping beauties ne fait pas exception. Mais c’est aussi pour ça que l’on aime King. Alors je mets de côté ce déjà lu et poursuit ma lecture… Une intrigue passionnante. Forcément, le lecteur que je suis veut comprendre pourquoi ces femmes s’endorment et se retrouvent prisonnières d’une toile qu’il ne faut surtout pas leur retirer au risque de mourir dans d’atroces souffrances. Je pourrais parler des personnages, comme toujours chez le roi du frisson, très construits, avec une vraie histoire et une psychologie bien définie mais j’aurais l’impression de me répéter. Je parlerais donc de l’idée de ce roman qui tombe à point nommé dans notre société où plus que jamais l’on parle de la place des femmes, notamment depuis le mouvement MeToo. La réflexion autour de ce qu’apportent les femmes aux hommes et de ce que serait un monde bâti par elles est intéressante et met en perspective leurs différences comme leurs ressemblances. L’aspect sociétal et même sociologique de ce questionnement enrobé dans un roman d’horreur est bien fait. Car l’on peut divertir tout en faisant réfléchir ; Stephen et Owen King nous le démontrent avec brio. J’ajoute enfin que l’idée de l’inéluctable m’a séduit également. En effet, les femmes sont victimes de ce fléau uniquement si elles s’endorment. Mais comment éviter de dormir ? Tôt ou tard, la fatigue nous emporte. Cela m’a rappelé le film Freddy et les griffes de la nuit de Wes Craven dans lequel des adolescents se font tuer par un monstre dans leur sommeil.
Ouïe : Le vol de phalènes
Goût : La coke
Odorat : Un café corsé
Toucher : Une toile d’araignée

Éditions : France Loisirs/Albin Michel
Pages : 828
Prix : 24,61 euros (prix Club)/25,90 euros (prix public)